Le château d’Assas est de façon certaine une des plus élégantes demeures de la région de Montpellier.
Propriété de la famille Demangel depuis le lendemain de la Seconde guerre mondiale, cette belle bâtisse s’est imposée comme un haut-lieu de l’activité culturelle régionale et plus particulièrement musicale. Le château d’Assas et son clavecin français du XVIIIème siècle à 2 claviers et 4 registres, le mieux conservé que l’on connaisse, accueille l’immense claveciniste Scott Ross. Il y donne de nombreuses représentations, avant de décéder le 13 juin 1989 au château.
Les seigneurs et la terre d’Assas apparaissent dans la documentation archivistique dès le début du XIIe siècle.
Le château d’Assas, siège d’une seigneurie
Ce n’est qu’à la fin du XVème siècle, en 1486 pour être plus précis qu’un certain Hugues d’Assas cède la seigneurie à Guillaume Bonnal, un marchand montpelliérain de renom. La terre, après plus de trois siècles dans des mains nobles passe à cette occasion dans des mains roturières. Cette mutation témoigne de
Par la suite, le château connaît de nombreuses mutations. Elle devient la propriété de plusieurs familles, parmi lesquelles on trouve les Pluviès, les Montchal, puis Joseph de Boyer, marquis de Sorgues et lieutenant du roi en Languedoc. Ce dernier vend finalement la seigneurie en 1747 à Jean Mouton de la Clotte. Ce transfert marque une étape décisive pour la seigneurie.
Issu d’une famille de modestes marchands ayant prospéré à Montpellier, Jean Mouton de la Clotte appartient à une lignée qui a su gravir les échelons sociaux grâce à leur réussite dans le secteur bancaire. Les Mouton, anoblis au début du XVIIIe siècle, achètent également le château de la Clotte, sur la terre de Salinelles, dans l’actuel département du Gard, dont ils adoptent le nom. Désireux de laisser sa marque, Jean Mouton de la Clotte prend une décision majeure en 1759-1760 : il fait raser l’ancien château féodal d’Assas pour y bâtir une élégante résidence d’été. C’est ce même édifice que l’on peut encore admirer aujourd’hui.
Les descendants de Jean Mouton conservent le château d’Assas jusqu’à la Révolution française. Bien que cette période ait vu de nombreuses destructions à travers la France, le château ne subit que peu de dégâts. En 1789, des révolutionnaires s’introduisent dans la bâtisse et commencent à marteler les armoiries des Mouton (représentant deux moutons se faisant face sous un olivier). Mais leur action est rapidement interrompue par les villageois, qui accourent pour protéger leur château, sauvant ainsi une partie de ce patrimoine précieux. Le 27 frimaire an IX, soit le […], par acte reçu Alicot, Jean Jacques Mouton de la Clotte, qui résidait alors alors à Paris, céda les “domaines d’Assas, Planredon, Buzarin et Peret situés dans le terroir de la commune d’Assas avec leurs dépendances” à Pierre Louis Auguste Bouché, aîné, négociant montpelliérain. [source : AD34//2E62/237, f° 193, déclaration par ]
Durant le XIXe siècle, plusieurs autres propriétaires se succèdent, apportant avec eux quelques modifications architecturales, heureusement sans altérer l’essence du bâtiment. L’histoire du château prend une nouvelle tournure dans les années 1920 lorsque Patrick Geddes, pionnier de l’urbanisme, en fait l’acquisition avec l’intention d’en faire un centre d’études. Puis, en 1949, Robert Demangel, ancien directeur de l’École française d’Athènes, en devient propriétaire avec son épouse Simone. Aujourd’hui, le château appartient à leurs descendants, qui veillent sur cet héritage familial.
Le château d’Assas a aussi attiré l’attention du cinéma. En 1991, il sert de décor pour le film La Belle Noiseuse de Jacques Rivette, et l’année suivante pour Le Retour de Casanova d’Édouard Niermans. Bien que privé, il ouvre ses portes aux visiteurs curieux de découvrir son histoire lors des Journées du Patrimoine, ou sur demande, offrant ainsi un rare aperçu de ce joyau préservé du patrimoine montpelliérain.
Ce château, avec son histoire et ses propriétaires successifs, incarne la richesse culturelle et historique de la région. À travers les siècles, il a su s’adapter tout en conservant son identité, et aujourd’hui encore, il continue de captiver ceux qui s’intéressent à l’histoire et à l’architecture du Languedoc.
Le château, avec ses deux majestueuses galeries, est un véritable joyau du patrimoine local. Cet ensemble architectural a été reconnu pour sa valeur historique et fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 septembre 1937.
En plus de ce classement, les façades et les toitures de la tour-pigeonnier, un élément caractéristique et distinctif du domaine, ont également été inscrites au titre des monuments historiques depuis le 10 avril 1989. Cette inscription renforce la protection de cette partie spécifique du château, soulignant son intérêt architectural et patrimonial.




