Après le siège que Louis XIII a mené à Montpellier en 1622, suivi du fameux “marché de dupes”, les habitants de Montpellier ont demandé au Roi de construire une citadelle pour loger les deux régiments chargés de maintenir la paix en ville. L’emplacement idéal a été trouvé sur la butte de l’ancienne église Saint-Denis, avec le Verdanson au nord et la ville à l’ouest.
Jean de Beins, un ingénieur talentueux, a dessiné une citadelle classique de forme carrée, mesurant 270 mètres de chaque côté, avec quatre bastions reliés par de puissantes demi-lunes. Vous pouvez voir son plan en accompagnement de cette publication.
Pour financer la construction, Louis XIII a accordé à la ville une levée exceptionnelle de 100 000 livres sur les salins de Peccais. Les chroniqueurs de l’époque nous disent : « Louis XIII fut si satisfait du moyen que les habitants de Montpellier lui avaient donné de s’assurer de leur ville, qu’il leur accorda dix sols à prendre sur chaque minot de sel à Peccais. »
Les travaux ont commencé le 10 juillet 1624, bien que la première pierre ait été posée le 29 mai 1624. On a utilisé tous les matériaux disponibles, y compris les vestiges des anciens remparts et des édifices religieux détruits. Ainsi, des chefs-d’œuvre romans et gothiques ont été intégrés dans les fondations de la citadelle.
La construction, prévue pour durer quatre ans, s’est terminée dans les délais. Le roi et son ministre voulaient une surveillance rapide et efficace de cette ville rebelle. Fait intéressant, les canons et meurtrières étaient orientés vers la ville, pas vers l’extérieur.
Le 18 novembre 1626, une batterie de canons a été installée, et six mois plus tard, le marquis de Fossez a reçu les honneurs avec vingt compagnies du régiment de Normandie. Le 14 juillet 1627, les travaux étaient terminés. Après trois ans, Montpellier se trouvait sous le feu redoutable de la citadelle qu’elle avait elle-même financée, à la grande satisfaction du roi.
En résumé, Montpellier a payé de ses propres deniers une forteresse qui allait la surveiller, et le roi en a bien profité pour contenir cette population contestataire. C’est seulement son fils qui parviendra à la dompter complètement.




