Un des spécialistes de la société astronomique de Montpellier, dont le siège est dans la tour de la Babotte a confirmé à Sylvie Cartier que le premier saut en parachute n’a jamais été fait depuis cette tour.
Tout d’abord, les deux étages supérieurs n’existaient pas, puisqu’ils furent construits en 1785, soit deux ans après cette expérimentation, et ensuite, techniquement c’était impossible car “afin d’élucider toute controverse, une expérience du genre avec un mannequin a été faite en 1980, et s’est conclue négativement.”
Lenormand n’a donc jamais sauté du haut de la tour de l’Observatoire. C’est un auteur montpelliérain bien connu, Louis Figuier qui a raconté le premier cette histoire… En fait, Sébastien Lenormand a bien perfectionné le parachute à Montpellier, après avoir visité de nombreux villes, mais il ne l’a testé que dans le jardin des Cordeliers, depuis un ormeau très haut et certainement qu’avec des animaux et des poids qui y étaient attachés…
Escuret dans son ouvrage “vieilles rues de Montpellier” avait bien raison…
Voici d’ailleurs un extrait de “Louis Figuier… et le parachutiste par L.-H. Escuret”, in Monspeliensis Hippocrates, 1961, beaucoup plus précis…
“Louis Figuier… et le parachutiste.
En 1945, une plaque commémorative fut fixée sur la tour de la Babote à Montpellier avec cette inscription : « A la mémoire du physicien Sébastien Lenormand qui, en 1783, du balcon de cette tour osa le premier saut en parachute. » C’était trop beau pour être vrai ! En réalité, Lenormand avait seulement décrit dans les Annales de chimie, en 1801, les expériences de parachutage qui furent réalisées à cette époque et à cette tour, mais seulement avec des poids et des animaux. C’est l’étourderie et peut-être le chauvinisme d’un Montpelliérain qui avait fait le reste. Ce Montpelliérain ? Un savant bien connu, Louis Figuier, qui avait ainsi « embelli » la vérité en décrivant cet exploit imaginaire dans ses “Merveilles de la science” de 1868. En 1958, l’erreur fut démasquée et la plaque modifiée comme il convenait. (L.-H. ESCURET ; in Monspeliensis Hippocrates, printemps 1961,
pp. 22-24, fig.)
C’est l’auteur de cet article, M, Escuret, qui a provoqué lui-même la rectification. Il s’est intéressé à cet incident parce que Louis Figuier, docteur en médecine, docteur es sciences physiques et agrégé de chimie, enseigna la chimie générale au titre de suppléant à l’Ecole de pharmacie de Montpellier, puis à celle de Paris. On se rappelle que son oncle, Pierre, et son frère, Oscar, furent aussi des pharmaciens notables à Montpellier.
Voir également Revue H. P., 1937, pp. 34-35, et Séances et travaux de la S.H.P., p. 62 et p. V et Revue H. P., janv.-mars 1960, pp. 295-296.




